Trouver une formation en alternance dans le Grand Est suppose de naviguer entre des CFA historiques, des écoles d’ingénieurs et des organismes de formation professionnelle aux profils très différents. On a retenu dix établissements réels implantés dans la région, en croisant trois critères : la solidité du lien avec les entreprises locales, la spécialisation du parcours proposé et l’insertion professionnelle constatée à la sortie.
Le contexte budgétaire pèse sur le secteur, avec une dotation de l’État aux CFA passée de 268 millions d’euros en 2025 à 33 millions en 2026, et un arrêt complet annoncé pour 2027. Choisir un établissement bien ancré localement n’a jamais été aussi stratégique.
1. CNAM Grand Est

Le CNAM Grand Est s’adresse aux salariés et demandeurs d’emploi qui veulent monter en compétences sans quitter leur poste. On y trouve des parcours en gestion, informatique et génie industriel, du niveau bac jusqu’au diplôme d’ingénieur.
Ce qui distingue le CNAM, c’est son format modulaire : les unités d’enseignement se combinent selon le rythme de chacun. Pour un technicien en poste à Reims ou Mulhouse qui vise un titre d’ingénieur en génie industriel, cette souplesse change tout.
Le public type : adultes en reconversion ou en évolution de carrière, souvent déjà en contrat de professionnalisation avec leur employeur.
2. CFA universitaire de Lorraine

Rattaché à l’Université de Lorraine, ce CFA couvre un spectre large de formations en apprentissage, du DUT au master. Sa localisation à Nancy lui donne accès à un bassin d’entreprises industrielles et tertiaires dense.
L’atout principal réside dans l’adossement à la recherche universitaire. Les alternants en génie mécanique ou en gestion bénéficient de plateaux techniques partagés avec les étudiants classiques, sans surcoût.
Il s’adresse aux bacheliers et titulaires de bac+2 qui veulent un diplôme universitaire reconnu tout en accumulant de l’expérience en entreprise.
3. CFA de l’industrie de Champagne-Ardenne

Ce CFA forme aux métiers de la production industrielle, de la maintenance et de l’automatisme. Les entreprises de la métallurgie et de l’agroalimentaire champenoises y recrutent directement leurs apprentis.
Le taux d’insertion dans l’industrie locale reste parmi les plus élevés de la région, selon les retours des branches professionnelles. Le CFA dispose d’équipements calqués sur les lignes de production réelles.
Profil cible : jeunes dès 16 ans orientés vers un CAP, un bac pro ou un BTS dans les métiers techniques.
4. ICN Business School (Nancy et Metz)

ICN propose plusieurs parcours en alternance au niveau master, notamment en gestion, finance et management. L’école est implantée à Nancy et dispose d’un campus à Metz.
Son réseau d’entreprises partenaires dans le Grand Est facilite la recherche de contrat. Les alternants y accèdent à des enseignements identiques à ceux du parcours initial, avec un calendrier adapté (généralement trois semaines en entreprise, une en cours).
ICN convient aux étudiants bac+3 qui visent un diplôme de grande école en finançant leur formation par l’apprentissage.
5. AFPA Grand Est

L’AFPA reste un acteur majeur de la formation professionnelle dans la région, avec des centres répartis dans plusieurs départements. Ses parcours en alternance couvrent le BTP, la restauration, le numérique et la logistique.
Ce qui la distingue : des plateaux techniques immersifs qui reproduisent les conditions réelles de travail. Les formations courtes (quelques mois) permettent une insertion rapide.
Public visé : demandeurs d’emploi et salariés en reconversion, souvent orientés par France Travail.
6. CFA Marcel Rudloff (Colmar)

Situé à Colmar, ce CFA forme aux métiers de bouche, du commerce et de la vente. Il bénéficie d’un ancrage fort dans le tissu économique alsacien, notamment auprès des artisans et commerçants locaux.
Les apprentis y suivent des cursus du CAP au BTS. Les retours varient sur le rythme d’alternance selon les filières, mais la proximité avec les employeurs facilite la signature des contrats.
Il s’adresse aux jeunes qui cherchent un apprentissage concret dans les métiers de la boulangerie, pâtisserie, boucherie ou commerce de détail.
7. ENSISA (Mulhouse)

L’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud-Alsace propose des formations d’ingénieur en alternance, notamment en génie mécanique, informatique et textile. Le cursus dure trois ans après un bac+2.
L’alternance en école d’ingénieurs attire les entreprises industrielles du sud de l’Alsace, qui peinent à recruter des profils techniques qualifiés. L’ENSISA répond à ce besoin avec des promotions à taille humaine.
Profil type : titulaires de BTS ou DUT techniques qui veulent décrocher un titre d’ingénieur sans passer par la voie classique.
8. CFA du BTP de la Marne

Spécialisé dans les métiers du bâtiment et des travaux publics, ce CFA forme des apprentis du CAP au BTS dans la région de Reims. Les entreprises du BTP marnais y trouvent leurs futurs maçons, électriciens et conducteurs de travaux.
L’équipement des ateliers et les chantiers-écoles constituent le point fort de cet établissement. Les formations répondent directement aux besoins de recrutement d’un secteur en tension permanente dans le Grand Est.
Il s’adresse aux jeunes motivés par les métiers manuels et techniques du bâtiment, dès la sortie du collège.
9. URCA – Université de Reims Champagne-Ardenne

L’URCA développe son offre d’apprentissage à travers plusieurs licences professionnelles et masters. Les filières gestion, droit et sciences sont particulièrement représentées.
Le partenariat avec les entreprises champenoises (viticulture, agroalimentaire, logistique) donne aux alternants un accès privilégié à des secteurs porteurs localement. Les licences professionnelles en alternance y affichent une durée de recherche d’emploi courte à la sortie.
Public concerné : étudiants de bac à bac+3 souhaitant ancrer leur parcours dans le tissu économique rémois.
10. Pigier Strasbourg

Pigier Strasbourg propose des formations en alternance du BTS au bac+5 dans les domaines du commerce, de la comptabilité et des ressources humaines. L’école accompagne ses étudiants dans la recherche d’entreprise d’accueil.
Son positionnement tertiaire en fait une option pour ceux qui visent des postes en gestion, administration ou management sans passer par l’université. Le rythme d’alternance (souvent deux jours en cours, trois en entreprise) convient aux employeurs du secteur tertiaire strasbourgeois.
Profil cible : titulaires du bac ou d’un bac+2 orientés vers les métiers de la gestion et du commerce.
Le paysage de l’alternance dans le Grand Est reste riche, mais la baisse brutale des financements publics destinés aux CFA pourrait redistribuer les cartes dès les prochaines rentrées. Avant de s’engager, on gagne à vérifier la pérennité de la section visée auprès de l’établissement et à confirmer que le contrat d’apprentissage ou de professionnalisation est bien sécurisé avec l’entreprise d’accueil.

